Simulateur VR pour personnes à mobilité réduite : rendre l’inaccessible… accessible



En 2017, j’ai conçu et réalisé un simulateur de réalité virtuelle dédié aux personnes à mobilité réduite (PMR), avec une idée simple : redonner l’accès aux sensations, aux découvertes et aux lieux que le handicap ou la perte d’autonomie rendent souvent impossibles.
Le principe : une plateforme dynamique (mouvements sur 3 axes / 3 DOF) suffisamment proche du sol pour permettre l’accès en fauteuil roulant, couplée à un casque de réalité virtuelle. L’utilisateur ne “regarde” pas une vidéo : il vit une expérience.
Cette solution a été pensée pour aller à la rencontre du public : EHPAD, centres de rééducation, salons, événements associatifs liés au handicap… partout où l’on a besoin d’inclusion, de lien social et d’émotions positives.
Projet présenté à la télévision en 2018 dans l’émission santé Allô Docteurs (France 5), avec Michel Cymes.
Une plateforme dynamique pensée pour l’accessibilité (fauteuil roulant)
Contrairement à beaucoup de simulateurs conçus pour un siège baquet ou un usage “gaming”, ici tout part de l’accessibilité :
- Plateforme dimensionnée pour accueillir la grande majorité des fauteuils roulants
- Hauteur réduite / proche du sol pour faciliter l’accès
- 4 vérins (moteurs) pilotant 3 degrés de liberté (3 DOF) :
- rotation droite-gauche
- rotation avant-arrière
- translation haut-bas
En clair : on peut restituer des mouvements crédibles (inclinaisons, variations, “reliefs”), sans transformer l’installation en attraction inaccessible.
Des expériences VR qui font voyager, vibrer… et (re)découvrir
L’objectif n’a jamais été de “faire de la techno”. L’objectif a toujours été l’émotion : rendre possible ce qui, dans la vraie vie, est trop compliqué, trop cher, trop risqué… ou tout simplement inaccessible.
Exemples d’expériences proposées (selon les publics et les lieux) :
- Survols de monuments en ULM et sensations de vol
- Roller coasters et attractions fortes (dose adaptée)
- Moto / conduite pour retrouver l’adrénaline
- Visites de grottes et châteaux souvent difficiles d’accès aux fauteuils
- Balades nature et “voyages” immersifs plus contemplatifs
Le simulateur permettait d’ajuster l’intensité : de la simple exploration “calme” à la sensation forte, selon la personne, son état de fatigue, et le contexte (EHPAD, rééducation, animation).
Inclusion : quand la VR devient un outil social, pas un gadget
L’inclusion, ce n’est pas seulement “prévoir une rampe”. C’est créer une expérience où la personne ne se sent pas mise à part, où elle participe, où elle choisit, où elle partage.
Dans un EHPAD ou un centre de rééducation, une séance réussie, c’est souvent :
- un moment de joie et de surprise (“je ne pensais plus ressentir ça”)
- un sujet de conversation (avec les soignants, les familles, les autres résidents)
- une parenthèse qui rompt l’isolement et redonne du désir d’activité
La littérature scientifique montre d’ailleurs que la VR a un potentiel pour améliorer le bien-être émotionnel, cognitif, social chez des personnes âgées en établissement (long-term care), y compris en présence de troubles cognitifs (avec contenus adaptés).
Pourquoi ajouter le mouvement (plateforme 3 DOF) change tout
Un casque VR seul peut déjà être impressionnant… mais la plateforme dynamique amène un ingrédient décisif : la cohérence corps-vision.
Quand le corps ressent une inclinaison pendant que la VR montre un virage, un décollage ou une descente, l’immersion devient plus naturelle. Ce principe (associer VR et retours sensoriels) est précisément ce que recherchent de nombreux travaux qui visent à donner aux personnes en fauteuil des sensations plus réalistes lors de visites virtuelles.
Des bénéfices concrets en EHPAD et en rééducation
Sans promettre des “miracles”, la réalité virtuelle est aujourd’hui sérieusement explorée dans des contextes de soin et d’accompagnement : gestion du stress, distraction, anxiété, douleur, rééducation, motivation… selon les usages et les protocoles.
Des revues récentes concluent par exemple que la VR immersive peut être efficace pour aider à gérer la douleur et la détresse/anxiété liées à des procédures médicales (souvent en complément des traitements), en soulignant l’importance d’adapter l’expérience à la personne.
Dans la vraie vie de terrain (EHPAD, centres, associations), l’impact le plus évident est souvent :
- l’évasion (sortir du quotidien)
- la stimulation (curiosité, émotions, attention)
- la valorisation (reprendre la main sur une expérience)
- le lien social (partage immédiat après la session)
Une approche “terrain” : itinérant, adaptable, humain
Ce projet, je l’ai porté comme entrepreneur, en l’emmenant directement là où il est utile :
- EHPAD (animations, sorties virtuelles, souvenirs, sensations douces)
- Centres de rééducation (motivation, engagement, objectif plaisir)
- Salons & événements (démonstrations, sensibilisation, inclusion)
- Associations PMR (expériences marquantes, accessibles, fédératrices)
L’idée est restée la même : une technologie exigeante, mais une expérience simple, chaleureuse et accessible — où la personne est au centre.